Certaines chansons ferment une porte en douceur, sans clameur ni rancune. « FOREVERMORE », titre de clôture de son EP à venir HOLLYWOODLAND (Arista Records, 21 août), appartient à cette catégorie rare. Coécrite avec le producteur Cooper Holzman (LISA, Medium Build) et le guitariste Samuel Preston (Liam Payne, Jessie Ware), la composition se déploie avec une élégance presque cinématographique : guitare espagnole en ouverture, cuivres flamboyants signés Luis Daniel Vargas Mejia, groove western poussiéreux, puis refrain scintillant à la ABBA. Un patchwork sonore audacieux, mais jamais forcé.
Sur le fond, Tiger La Flor y raconte la fin d’une histoire d’amour vécue par habitude plus que par passion — cette zone grise où l’on reste parce qu’on connaît le chemin, pas parce qu’on veut encore avancer. La sincérité du texte, sans grandiloquence, donne à la chanson une texture presque confessionnelle.
Le morceau s’inscrit dans une démarche plus large. De retour à Los Angeles après un séjour parisien, l’artiste japonaise-coréenne-américaine s’est interrogée sur ce qu’elle trouvait encore romantique dans cette ville qu’elle connaît par cœur. Sa réponse tient en une image : « What if I was living in L.A. when Once Upon a Time in Hollywood took place? » Highway 1 au coucher du soleil, lunettes vintage, bottes en peau de serpent — c’est cette Amérique fantasmée, nourrie de playlists rétro et de pellicule 16mm, qui infuse tout l’EP.
Avec « FOREVERMORE », La Flor prouve qu’elle sait clore un chapitre sans jamais perdre son sens du romanesque.

