À 16 ans, Ava Valianti n’a rien d’un phénomène fabriqué. La jeune artiste de Newbury, Massachusetts, avance à découvert, avec cette franchise un peu désarmante qui fait les voix singulières. Son nouveau single, « Sophomore Slump », en est la preuve la plus vibrante.
Dès les premières mesures, quelque chose accroche : une tension contenue, un mélange d’élan pop-rock et de fragilité assumée. Ava y raconte cet entre-deux inconfortable — celui où l’on rêve grand, où l’on travaille sans relâche, mais où tout semble constamment nous échapper. Trop sensible, trop investie, pas encore arrivée. Elle chante l’embarras, les larmes retenues (ou pas), les ratés publics, et cette impression d’être observée au moment précis où l’on doute le plus.
Ce qui frappe, c’est la lucidité. « Sophomore Slump » n’est pas un manifeste victimaire, mais un instantané. Ava admet ne pas avoir toutes les réponses, et c’est précisément ce qui donne au morceau sa portée universelle. L’écriture, confessionnelle sans être plaintive, se heurte à une production plus musclée que sur petunias, son premier EP. Après « Deep Fuchsia », elle confirme un virage plus affirmé vers l’indie pop-rock, sans perdre la délicatesse qui la distingue.
Il y a dans cette chanson une manière d’apprendre à tenir debout au milieu du vacarme. Rire de soi, continuer malgré tout. « Sophomore Slump » capture ce moment fragile où l’on grandit en temps réel — et Ava Valianti, elle, semble déjà avoir trouvé sa voix.

