Dans un paysage musical de plus en plus lissé par les algorithmes, le collectif californien Baldy Crawlers, mené par le luthier Martin Maudal, impose une œuvre d’une honnêteté brutale. Leur dernier single, « On Those Who Starve Children », ne se contente pas d’être une chanson : c’est un réquisitoire sonore contre l’une des plus grandes cruautés humaines.
Porté par la voix dévastatrice de la chanteuse Elizabeth Hangan, le titre s’attaque frontalement à ceux qui utilisent la famine comme une arme politique ou économique contre la jeunesse. Maudal, diplômé de Berklee, a conçu ce morceau comme un acte de confrontation, où la musique devient à la fois le juge et la sentence.
Sur le plan technique, le groupe a fait le choix radical du « 100 % humain ». En enregistrant sans métronome, Baldy Crawlers laisse place aux fluctuations naturelles du tempo, insufflant une urgence organique que l’intelligence artificielle ne saurait reproduire. Les guitares slide, jouées sur des instruments fabriqués à la main par Maudal lui-même, grincent avec une rudesse assumée, avant d’être rejointes par un tuba mélancolique qui ancre le morceau dans une solennité quasi religieuse.
Entre soul habitée et folk rugueux, cette pièce musicale rappelle que l’art reste l’un des derniers remparts pour dénoncer l’inacceptable. « On Those Who Starve Children » est un rappel puissant que, derrière chaque note, bat un cœur indigné. C’est une écoute indispensable pour quiconque cherche une musique qui a encore quelque chose de vital à dire.


Belle critique.