À peine vingt ans et déjà cette capacité déconcertante à transformer le tumulte intérieur en oraison synthétique. Avec son nouveau single bien nommé « Anxiety », Chiara Foschiani ne se contente pas de suivre la tendance d’une pop mélancolique ; elle s’impose comme une architecte du ressenti.
Dès les premières mesures, le morceau nous happe dans une urgence viscérale. Le tempo, nerveux, bat la chamade à l’image d’un cœur qui s’emballe, tandis que les nappes électroniques dessinent une atmosphère à la fois éthérée et suffocante. C’est là toute la force de l’artiste : réussir à traduire l’oppression d’une crise de panique par une production d’une clarté absolue. Sa voix, oscillant entre vulnérabilité cristalline et détermination, devient le fil d’Ariane d’un labyrinthe mental que l’on parcourt avec elle.
Né d’une session de création spontanée, le titre respire cette urgence organique que les studios surproduits perdent parfois. On y entend l’essoufflement, le doute, mais surtout une résilience lumineuse. Issue de son premier album Hope Will Make It Happen, cette pièce confirme que Foschiani appartient à cette génération qui refuse de masquer ses fêlures.
En transformant le « mal du siècle » en une danse cathartique, Chiara Foschiani signe un morceau nécessaire. « Anxiety » n’est pas qu’une chanson sur la peur ; c’est le cri de ralliement de ceux qui, malgré le vertige, choisissent de continuer à chanter. Une pépite électro-pop qui résonne longtemps après la dernière note.

