Avec GRIGRIn Dawa Salfati propose une chanson simple dans son intention : se rapprocher de soi.
C’est une lettre adressée à son propre corps, à ce qui tient, respire, encaisse, continue. Une manière de reconnaître ce qui est déjà là, sans chercher à l’embellir ni à le corriger.
Le morceau avance comme une écoute intérieure. Il ne cherche pas à prouver, mais à poser un espace où l’on peut se parler sans se fuir. La relation à l’autre commence peut-être ici, dans cette capacité à être en lien avec soi.
Le titre GRIGRI détourne l’image de l’amulette : il ne s’agit pas de chercher une protection extérieure, mais de devenir, autant que possible, son propre point d’appui.
Le clip prolonge ce mouvement. Une figure enfermée, coupée du dehors, presque immobile. Puis un déplacement progressif. Quelque chose s’ouvre. Le corps sort de l’isolement, retrouve une forme d’élan, jusqu’à rejoindre la lumière du matin. Sans rupture spectaculaire, mais avec une forme de nécessité.
Références visuelles : Sevdaliza, Bertrand Mandico, Bleu de nuit de Baloji.
Autrice, compositrice et interprète franco-polynésienne, Dawa Salfati développe une musique habitée, intime et engagée.
Son travail traverse une parole directe, sans détour, autour du corps, de la reconstruction et du lien à soi.
Survivante de l’inceste et militante pour les droits des femmes et des enfants, elle inscrit son parcours dans une démarche artistique où l’émotion ne cherche pas à convaincre, mais à exister.

