Il est des morceaux qui naissent d’une insomnie et finissent par hanter les nôtres. C’est précisément le cas de Less in Love, le dernier single de l’artiste allemand Dead Dreamz. Une œuvre étrange, mélodique et volontairement non conventionnelle, qui bouscule l’auditeur dès son introduction par une approche expérimentale déroutante.
Loin des formats radiophoniques lisses, ce titre a muté à quatre reprises avant de trouver sa forme finale. Initialement pensé comme un morceau d’egotrip, il s’est transformé, au fil de nuits blanches, en une introspection brute sur le deuil amoureux. Dead Dreamz y capture l’anxiété moderne à travers des choix de production sombres et atmosphériques, laissant volontairement vivre les imperfections pour préserver l’authenticité de son spleen. On est ici dans un emo rap captivant avec un flow chanté hypnotique, l’effet est immédiat.
Le cœur du morceau réside dans cette tension textuelle saisissante : d’abord un sage « c’est une leçon apprise », qui capitule rapidement face au fatalisme de « il n’y a pas de leçon apprise / on s’aime juste moins ». Entre tentations et regrets, l’artiste livre une réflexion poignante sur le temps qui s’emballe alors que l’esprit reste figé dans les souvenirs.
Pour cet artisan de l’ombre, qui a passé plus d’une décennie à écrire sur les bancs de l’école puis en secret, publier Less in Love relève du saut dans le vide. En acceptant de partager ce chaos émotionnel inclassable, Dead Dreamz signe un titre profondément intime. Une capsule de vulnérabilité brute destinée aux curieux et aux amoureux de musiques nocturnes qui refusent de rentrer dans des cases.

