Sous la boule à facettes, le vernis scintille. Mais derrière les paillettes, un message affûté se dessine. C’est toute l’ambivalence du nouveau single de Deptford Sound Collective, intitulé Give Me. Give Me. Give Me, I want it all.
Dès l’introduction, la basse chaloupée et les nappes synthétiques convoquent l’âge d’or du disco des années 1980. Le morceau assume son ADN rétro, jusqu’à la chorégraphie volontairement appuyée qui accompagne son clip. Pourtant, la légèreté n’est qu’apparente. Derrière le refrain entêtant, répété comme une litanie — “Give me, give me, I want it all” — se cache une satire politique à peine voilée. Le titre, conçu comme un message humoristique adressé aux sphères du pouvoir, détourne l’excès et l’avidité pour mieux en révéler les dérives.
Basé dans le sud-est de Londres, le collectif réunit musiciens, artistes et activistes locaux. Leur ambition : raviver l’esprit des protest songs des années 1960, mais en version pop et dansante. La musique devient alors un outil de cohésion, un espace où la fête et la contestation cohabitent sans contradiction.
La date de sortie, le 14 février, en plein Mois de l’Histoire LGBTQ+, renforce la portée symbolique du morceau. Entre ironie et sincérité, le groupe revendique l’amour comme acte politique et la solidarité comme réponse aux discours d’exclusion.
Sous ses airs de parodie disco, le titre s’impose finalement comme un hymne fédérateur : une invitation à lever les bras sur le dancefloor, tout en gardant les yeux ouverts sur le monde.

