Le beatmaker français ProleteR, figure incontournable du jazz hop hexagonal, s’associe une nouvelle fois à un vocaliste anglophone pour livrer « Rabbit Holez », collaboration avec le rappeur britannique Mylo Stone. Le résultat est à la hauteur de la réputation du producteur : chaleureux, ample, et porté par une réelle sincérité.
L’instrumental s’appuie sur des cuivres organiques et des samples vintage, tissant un groove hip hop tout en rondeur qui rappelle les meilleures heures du genre. ProleteR ne cherche jamais l’esbroufe ; il construit une atmosphère, un espace où la voix peut respirer. C’est exactement ce que fait Mylo Stone, qui pose un texte introspectif sur cette toile sonore. Sans détour, le rappeur transforme les épreuves personnelles en message d’espoir, refusant le misérabilisme comme la posture. Il y a une honnêteté brute dans sa manière de raconter la chute pour mieux évoquer le relèvement, une sincérité qui nourrit littéralement l’auditeur plutôt que de le flatter.
Le titre du morceau, qui évoque ces « terriers de lapin » dans lesquels on peut se perdre, prend ici tout son sens : il s’agit moins de s’y engouffrer que d’en trouver la sortie, pas à pas, verset après verset.
Sur le plan formel, « Rabbit Holez » coche toutes les cases du meilleur alternative hip hop / jazz hop actuel : une production léchée sans être aseptisée, une voix habitée, et un fond qui ne sacrifie jamais la forme. Une collaboration qui confirme, une fois de plus, le talent de dénicheur de ProleteR et l’authenticité de Mylo Stone.

