Pensé comme un geste de gratitude autant qu’un manifeste artistique, Eat my Magic / Drink my Wonder marque un temps d’arrêt dans le parcours d’Erotika Dabra. À la fin de 2025, l’artiste choisit le mashup pour relire son année, assembler ses fragments et leur donner un sens nouveau, vu depuis le recul du temps.
La pièce réunit quatre chansons clés et les fait dialoguer. Les errances sombres de l’univers I Wonder, partagé entre le pour toi et le pour moi, ouvrent un espace introspectif où le doute devient moteur. Peu à peu, l’énergie change de densité avec EAT ME/DRINK ME, hymne d’auto-affirmation et de sex magick assumée, où le corps et le désir reprennent le pouvoir.
Cette trajectoire est ensuite traversée par My Own Magic, dans sa version rerub, qui agit comme une chambre d’écho. On y perçoit la guérison des blessures, la mémoire du traumatisme et l’idée du plaisir comme reconquête de soi. Loin d’un simple collage, le montage crée une narration fluide, presque cinématographique, où chaque transition a valeur de phrase.
Musicalement, Erotika Dabra joue sur les textures électroniques, les rythmes dansants et une tension constante entre ombre et lumière. La voix, tour à tour incantatoire et fragile, sert de fil conducteur à ce récit intérieur le tout dans un univers musical singulier qui va vous sortir de l’instant.
Eat my Magic / Drink my Wonder s’impose ainsi comme une chronique intime de 2025, offerte au public comme un remerciement. Une œuvre-bilan qui transforme l’archive personnelle en expérience collective, et confirme la capacité d’Erotika Dabra sur la durée artistique.

