Certaines rechutes amoureuses se fredonnent avec une étrange douceur. Avec son nouveau single « Bad Habit », la productrice, autrice-compositrice et ingénieure du son basée à Los Angeles, Esthy, signe un retour d’une efficacité redoutable. Multi-casquette, l’artiste contrôle ici chaque étape de sa création pour livrer une œuvre pop organique, habitée d’une mélancolie nocturne et lumineuse.
Le morceau explore avec une justesse désarmante ce tiraillement universel : le cycle addictif d’une relation toxique à laquelle on ne sait pas mettre fin. Dès les premières notes, l’auditeur est embarqué dans l’ambiance feutrée des virées tardives, sous les néons de la ville. La voix, d’une intimité touchante, confie ses fêlures avec une sincérité désarmante. « You’re my bad habit, I keep falling back in it, God I hate it » (Tu es ma mauvaise habitude, j’y retombe sans cesse, mon Dieu que je déteste ça), chante-t-elle, traduisant cette frustration brute face aux promesses non tenues d’un partenaire qui réapparaît comme si de rien n’était.
La force de ce morceau réside dans son contraste. Esthy habille la vulnérabilité de ses textes confessionnels d’une production léchée, de textures atmosphériques et de mélodies pop entêtantes. C’est un hymne de fin de nuit, à la fois cinématographique et profondément thérapeutique.
En transformant ses cicatrices en une pop moderne et universelle, Esthy confirme son statut de voix à suivre. « Bad Habit » ne se contente pas de raconter une rupture manquée : il capture ce moment précis où le cœur refuse d’écouter la raison. Une addiction musicale immédiate.

