Avec « Exodus », le groupe Magus signe une fresque instrumentale dense, presque tellurique, où chaque riff devient un manifeste.
Dès l’entame, la guitare impose sa loi. Les riffs, ravageurs et granuleux, s’étirent comme une coulée de lave, typiques d’une énergie stoner rock qui ne cherche pas la vitesse mais la profondeur. Ici, tout est question de texture. La distorsion respire, la basse gronde avec assurance, tandis que la batterie ancre l’ensemble dans un groove lourd mais maîtrisé.
Ce qui frappe dans Exodus, c’est cette musicalité posée, presque méditative. L’absence de paroles n’est pas un vide : c’est un espace. Un champ ouvert où l’auditeur projette ses propres images, ses propres traversées. Le morceau avance comme une marche intérieure, un voyage sans boussole mais guidé par la pulsation.
Magus ne cherche pas l’esbroufe technique ; le groupe privilégie la sensation brute, la vibration organique. Chaque accord semble peser son poids d’émotion, chaque silence accentue la tension.
Avec « Exodus », la formation confirme son goût pour les atmosphères épaisses et immersives — un titre qui se vit plus qu’il ne s’écoute, et qui rappelle que parfois, le rock parle mieux lorsqu’il se tait.

