Avec FEM., le projet suédois Me & Melancholy, orchestré par Peter Ehrling, livre une œuvre cathartique bouleversante. Dédié à son père disparu en 2026, ce cinquième album explore la fine frontière entre nos identités réelles, les attentes d’autrui et les fragments de nous-mêmes qui survivent après la perte. Un voyage organique où la lumière et l’obscurité cohabitent sans jamais chercher à se résoudre.
L’album s’ouvre sur l’euphorique Dance with me, une pépite lumineuse aux synthés éclatants évoquant un hymne de New Order égaré à Ibiza. Mais cette clarté n’est qu’un prélude. Rapidement, le disque plonge dans des contrées plus froides avec Lost in you, une complainte industrielle dictée par une basse mécanique. Ehrling y dépeint la dissolution de soi dans l’autre, un motif qui traverse tout le projet. De la paranoïa surréaliste de Squidso au deuil post-rupture de All Love Is Gone, l’auditeur navigue au cœur d’une tension post-punk permanente.
Pourtant, FEM. refuse le fatalisme. La résilience s’invite avec force dans No Permission, un cri de révolte répétitif affirmant qu’aucune autorisation n’est requise pour aimer ou rêver. En clôture, l’introspectif Ghosts in the Mirror fige le temps, mêlant regrets et absences face au miroir.
Chronique d’un deuil sublimé, FEM. impressionne par sa capacité à faire danser les âmes brisées. C’est un disque d’une honnêteté rare, qui accepte la colère et la solitude comme des composantes essentielles de la guérison. Une œuvre majeure de la scène synthpop actuelle.

