Ce film dystopien Hongkongais montre exactement pour quoi l’activisme compte

En septembre prochain, le mouvement des parapluies va fêter son deuxième anniversaire. Cette série de manifestations s’opposant au gouvernement chinois s’est produite en 2014 à Hong-Kong (Certaines des plus violentes, depuis Tian’anmen en 1989). Pour la première fois depuis des décennies, un grand nombre d’étudiants, mais aussi plusieurs dizaines de milliers de hongkongais ont manifesté contre une réforme politique très restrictive et antidémocratique proposée par le parti communiste chinois.  Le texte débattu à l’époque fixe les modalités de l’élection du chef du « gouvernement » de l’ex-colonie britannique. Les jeunes et une grande majorité de la population hongkongaise jugeaient que cette loi remettait leur souveraineté en cause et aux mains de l’exécutif central chinois.

Même si le mouvement s’est essoufflé, son effet continu à se ressentir dans la population locale, attisant de plus en plus de méfiance et de crainte. C’est ce que nous montre Ten Years sorti en Décembre 2015.

Taxi

Le Film est composé de cinq courts métrages. Ils explorent le territoire autonome chinois et montrent ce à quoi il pourrait ressembler dans une dizaine d’années, compte tenu de l’influence de la Chine continentale. Réalisé avec un budget serré de 600,000 HK $ soit environ 70 000 euros, c’est un énorme succès battant même Star Wars : Le Réveil de la force en nombre de spectateurs les premiers jours de sa sortie. Ten Years a également remporté le prix du Meilleur Film  au festival du film de Hong-Kong. On imagine la réaction du gouvernement chinois…

Intitulé Extra, le premier court métrage raconte l’histoire d’un membre local, de bas étage de la Triade. Il est embauché par le gouverneur pour mettre en scène un assassinat, afin d’effrayer la population pour passer une loi sécuritaire.

Sean Of The End, plus philosophique. Suit un homme et une femme qui essaient de préserver des vestiges d’un Hong Kong détruit.

Self-Immolator est un documentaire très esthétisé, où l’on dépeint un inconnu qui s’immole devant l’ambassade britannique, après la mort d’un manifestant suite à une grève de la faim en prison.

Dialect qui raconte le recul du cantonais (parlé à Hong Kong) face au Mandarin (majoritairement utilisé en Chine).

Et Local Egg parle d’un gérant de magasin d’alimentation qui fait face à une pénurie d’œufs. Son fermier lui explique les nouvelles normes imposées par le gouvernement chinois, qui a pour but de tuer l’industrie.

Self Immolator

 

Bien que les cinq films d’anticipation montrent un avenir sombre, au vu des relations entre la Chine continentale et  Hong Kong. Les réalisateurs gardent tout de même une lueur d’espoir. Cette série de documentaires a pour but d’éveiller les consciences de la population locale et d’espérer que des voix plus fortes et plus nombreuses s’élèvent pour changer les choses, raconte Kwaun-Wai Chow, réalisateur de Self Immolator.

 

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