Difficile de rester indifférent face au nouveau single de GLEET. Le duo britannique, formé par Gregor Former et Sam Neal, sort « Strident », un morceau né presque par accident pendant la finalisation de leur prochain album, « Thames Sea » — un projet conceptuel imaginant Londres submergée par la montée des eaux dans les siècles à venir. Le titre ne collait tout simplement pas à cette trame narrative, alors il a pris son envol en solo.
Ce qui frappe d’abord, c’est le son : moins saturé, moins « mur sonore » que l’habitude de GLEET, il laisse davantage respirer les rythmes post-punk et les éclats électroniques typiques du groupe. Une évolution assumée, presque une respiration dans leur discographie.
Mais c’est surtout le fond qui mérite l’attention. Selon le groupe, l’idée est née en observant comment le mot « stridente » est presque exclusivement collé aux femmes qui expriment des opinions fermes, rarement aux hommes. Face à la montée en puissance d’une « manosphère » en ligne où certains bâtissent carrière sur des discours misogynes, GLEET a voulu opposer ce mot détourné à la réalité : des femmes qui, à force d’entendre des inepties patriarcales, finissent par hausser le ton — et le revendiquent.
Le résultat est un morceau de résistance sonore, sans grand discours moralisateur, mais avec ce ton mordant qui caractérise le groupe depuis ses débuts. Comme toujours chez GLEET, la musique n’est jamais qu’un prétexte : le message politique, lui, ne fait aucun compromis.

