L’artiste arméno-autrichienne GOHAR dévoile aujourd’hui son nouveau single, « Fairy », et confirme une fois de plus sa ligne de conduite : ne chanter que ce qu’elle a réellement vécu. Ce titre s’inscrit dans la continuité de son travail, où l’expérience intime devient matière sonore.
Ici, la fée n’est pas un refuge vers l’ailleurs, mais une figure du retour. GOHAR la décrit comme la gardienne de tout ce qu’elle croyait avoir perdu, une présence qui traverse les recoins délaissés de son jardin intérieur pour y récolter souvenirs enfouis, rêves abandonnés et anciennes versions d’elle-même mises de côté pour survivre.
Musicalement, « Fairy » prolonge la signature de l’artiste : une précision héritée de sa formation classique, tissée avec le R&B contemporain, une pointe d’alt-pop et la mélancolie des mélodies traditionnelles arméniennes. Les harmonies, denses mais aérées, laissent respirer des paroles qui semblent arrachées à un journal intime.
Le parcours de GOHAR détonne. Formée à la prestigieuse Université Mozarteum de Salzbourg, elle semblait promise à une carrière lyrique classique. Mais la scène d’opéra, aussi prestigieuse soit-elle, a fini par l’étouffer : elle avait l’impression de rejouer sans cesse l’histoire d’une autre. Elle a donc tout quitté — les agents, les orchestres, les certitudes — pour s’enfermer dans un petit appartement avec un synthétiseur d’occasion, et apprendre seule à produire sa propre musique. « Fairy » est donc le résultat d’un travail acharné, d’une conviction et l’expression d’un talent à découvrir au plus vite.
Chaque sortie de GOHAR est ainsi un chapitre d’une même quête : celle de la réinvention et de l’honnêteté, loin des cases et des étiquettes de genre.

