Avec « Iridescent », Strange Fruit ne se contente pas de dévoiler un nouveau morceau : le groupe signe une mue artistique assumée. Depuis Jakarta, la formation trace une trajectoire audacieuse, propulsée par une base Acid House solide, mais enrichie de résonances Kosmische, Ambient, Rave et Rock & Roll. Une alchimie qui donne naissance à un titre à la fois cérébral et viscéral.
Dès l’ouverture, le morceau s’installe dans une clarté presque tactile. Les synthétiseurs s’entrelacent avec précision, respirent, s’étirent, et construisent un paysage sonore fluide, traversé par une sensation de mouvement permanent. « Iridescent » avance comme un rêve en apesanteur, où chaque couche sonore semble polie avec soin, laissant circuler une énergie lumineuse et continue. Rien n’est figé : tout ondule, tout scintille.
Strange Fruit revendique ici son attachement profond à la Kosmische, cette esthétique où la répétition devient voyage. Les cinq membres du groupe y injectent l’inévitabilité de la culture rave, sans renier une certaine rugosité héritée du Rock & Roll. L’esprit Acid House irrigue l’ensemble, donnant au titre une pulsation organique, presque charnelle, qui empêche toute froideur électronique.
Dans cette chronique sonore, « Iridescent » agit comme un point de bascule. Le morceau évoque une renaissance, un élan nouveau, comme si Strange Fruit réapprenait à voler en pleine conscience de ses moteurs sensoriels. Une proposition immersive et colorée, qui confirme l’ambition du groupe : transformer l’écoute en expérience, et l’évolution en manifeste.

