Certaines chansons n’attendent pas la fin de l’été pour nous hanter. August, le nouveau single de l’artiste norvégienne MAIH, est de ceux-là. Ce n’est pas un hymne de plage éphémère, mais plutôt la bande-son d’un de ces crépuscules magnétiques, juste après l’orage, quand l’air est encore lourd d’une tension invisible.
Derrière ce projet alt-pop texturé se cache Martine Haaland. Après trois années de désillusions amoureuses à s’endurcir le cœur, la chanteuse a croisé le regard qui a tout bousculé. August raconte exactement ce vertige : la terreur absolue de baisser la garde après avoir été brisée, et ce moment de pure vulnérabilité où l’on décide, enfin, de plonger dans l’inconnu.
Musicalement, c’est un petit chef-d’œuvre d’ambiance. MAIH façonne sa pop comme on capture un souvenir. Sa voix, d’une honnêteté presque brute, plane sur des couches de synthés atmosphériques qui enflent comme une vague. On y ressent le grand air de sa Norvège natale, cette mélancolie lumineuse propre aux paysages nordiques. C’est organique, charnel, et d’une justesse désarmante.
En qualifiant son titre de « Sad Girl Summer », MAIH ne ment pas, mais elle oublie de dire à quel point cette tristesse-là est belle. August est le morceau parfait pour rouler la nuit, fenêtres ouvertes, en laissant les fantômes du passé s’échapper dans le rétroviseur. Une chronique de la guérison intime, enveloppée dans un écrin pop hautement addictif. L’été ne fait que commencer, mais on tient déjà son cœur battant.

