Certaines chansons agissent comme des rémanences d’enfance, à la fois lumineuses et floues. Avec « Sunday School », Pat Foster délaisse le tumulte de son ancien groupe, Mega Happy, pour une introspection folk-pop de deux minutes, aussi brève qu’essentielle. Ce titre marque l’émergence d’une voix solo singulière au cœur de la scène de Leeds.
Ancré dans le Nord de l’Angleterre, l’auteur-compositeur s’est isolé aux Eiger Studios avec son complice de toujours, Dom Richmond. L’héritage musical est manifeste : on y décèle l’élégance de Paul Simon, la profondeur de Leonard Cohen et cette touche baroque empruntée aux Beatles de 1966. Pourtant, loin du simple pastiche, Foster insuffle une chaleur organique et une retenue qui n’appartiennent qu’à lui.
Le morceau explore le délitement des certitudes catholiques de sa jeunesse. Ce qui n’était au départ qu’un sifflement improvisé en loge est devenu une méditation délicate sur l’amour et la complexité d’un monde qui n’est jamais purement binaire. Clin d’œil savoureux pour les puristes, la ligne de basse a été enregistrée avec l’instrument culte utilisé sur l’album Is This It des Strokes, prêté par le mythique Gordon Raphael.
Entouré de chœurs vaporeux, Pat Foster signe ici un premier acte magistral. Après un concert complet au Hyde Park Book Club, il s’impose comme une figure incontournable, prouvant que la mélancolie, lorsqu’elle est si bien sculptée, devient une force d’attraction irrésistible. Sa musique, empreinte de nostalgie et de modernité, annonce une carrière solo prometteuse.

