Avec la sortie de Paradises, Ladytron franchit un cap décisif. Désormais trio après le départ de Reuben Wu, le groupe livre son œuvre la plus dense : 16 titres pour 72 minutes d’une exploration sonore baptisée « pop baléarique ». Mais cette ambition démesurée a-t-elle convaincu ?
La presse spécialisée affiche un enthousiasme solide, avec une moyenne de 72/100 sur Metacritic. Les critiques saluent majoritairement une prise de risque rafraîchissante. Under the Radar (8/10) applaudit un « zèle créatif retrouvé », soulignant que le groupe évite le piège de la nostalgie en injectant des grooves disco et funky dans leur ADN glacial. The Quietus abonde dans ce sens, décrivant un disque « luxueux » où la production de Jim Abbiss apporte une clarté nouvelle.
Cependant, cette générosité est aussi le point de friction principal. musicOMH (3/5) et Mojo (6/10) notent que la longueur de l’album peut diluer son impact. Si des sommets comme I Believe in You ou Evergreen sont instantanément iconiques, certains titres intermédiaires peinent à justifier leur place sur une écoute linéaire. Pitchfork (7,0/10) y voit une transition réussie vers une électronique plus ensoleillée, tout en regrettant parfois le manque de cette tension dramatique qui faisait le sel de leurs débuts.
En résumé, Paradises est perçu comme l’album de la maturité et de la résilience. Moins oppressant que ses prédécesseurs, il réussit le pari de faire danser sans perdre cette élégance mélancolique qui définit Ladytron. Un voyage généreux, peut-être un peu long, mais indéniablement fascinant pour quiconque accepte de s’y perdre.

