C’est un cri sourd qui nous parvient du High Desert californien. Landroid, le projet viscéral porté par Cooper Gillespie et Greg Gordon, vient de dévoiler « Autonomous », premier souffle d’un album à paraître le 12 juin prochain : Constellation. Plus qu’un simple morceau de rock atmosphérique, ce titre agit comme une autopsie émotionnelle menée à vif.
Le récit nous place dans l’intimité d’un homme à son crépuscule. Suspendu dans l’immensité spatiale, il regarde la Terre s’éloigner alors qu’il bascule inexorablement vers le soleil. Dans cette chute finale, nulle place pour les regrets larmoyants ; seule subsiste une honnêteté dévastatrice. On y croise les fantômes de la solitude, l’alcool amer et ce constat glaçant : avoir survécu plutôt que d’avoir réellement vibré.
Le cœur de « Autonomous » bat dans cette interrogation centrale : nos choix nous appartiennent-ils vraiment ? À travers l’histoire de ce père dont l’ombre plane sur l’œuvre, Gillespie explore la mécanique des schémas hérités. L’homme se croyait libre, indépendant, alors qu’il ne faisait que réciter un script paternel jamais remis en question.
Musicalement, le duo traduit cette errance par des textures immersives où les basses distordues répondent à des envolées éthérées. C’est une œuvre organique qui ne cherche pas la résolution, mais la vérité. « Autonomous » nous laisse face à cette question que l’on finit tous par poser un jour, face au vent : « Ai-je un jour su quelle force me poussait vers l’avant ? » Une chronique magistrale de l’aliénation domestique.

