Un an après la sortie de leur premier album, le Elana Sasson Quartet ravive la flamme de son morceau-titre, « In Between ». Récemment nommé pour le prestigieux prix européen Upbeat Platform 2026 Best New Talent pour l’Espagne, le groupe confirme son statut de révélation majeure de la scène jazz contemporaine.
Dans cette nouvelle mouture, la formation franchit un cap organique en invitant le légendaire maître de l’oud, Ara Dinkjian. Le résultat est une chronique vibrante de l’exil et de la double appartenance culturelle. Comme le soulignait récemment le magazine Songlines, la musique d’Elana Sasson dessine un « paysage musical évocateur où le jazz moderne rencontre la beauté des traditions folkloriques ». C’est exactement cette alchimie qui opère ici, puisant sa force dans des racines kurdes, persanes et méditerranéennes.
La grande audace de ce single réimaginé réside dans le choix d’abandonner les mots narratifs. Elana Sasson choisit le vocalise, transformant sa voix en un instrument pur. Elle tisse des aigus aériens et des plongées vertigineuses qui s’entrelacent intimement avec le piano de Santiago Bertel, la contrebasse de Manos Stratis et la batterie subtile de Victor Goldschmidt. L’oud d’Ara Dinkjian apporte une nostalgie et une profondeur texturale bouleversantes.
Cette version distille avec perfection ce que l’album initial laissait entrevoir : un espace liminal entre deux mondes, une oscillation permanente remplie à la fois de nostalgie et de joie. Le Elana Sasson Quartet ne joue pas seulement de la musique, il capture l’essence même de l’existence humaine suspendue entre plusieurs héritages. Une œuvre d’une beauté désarmante.

