7.8/10
Après le raz-de-marée et le succès viral mondial de son single « Love Me Not » en 2024, la native de Chicago était attendue au tournant. Avec son troisième album studio, Blue Island, sorti le 7 août 2026 chez Atlantic Records, Ravyn Lenae balaie d’un revers de main les étiquettes et choisit de briser les barrières du R&B alternatif traditionnel.
Nommé d’après la banlieue de sa jeunesse à Chicago, ce projet de 14 titres co-produit par DJ Dahi explore l’identité avec une liberté rafraîchissante. Plutôt que de capitaliser sur une formule familière, l’artiste opte pour un véritable saut dans le temps et l’expérimentation. L’album se déploie comme une fresque sonore nostalgique où s’entremêlent de la synth-pop rétro des années 80, des éclats de New Wave, de l’indie-rock des années 2000 et des touches d’electro-funk. On y décèle des hommages texturés à Janet Jackson, Blondie et parfois même à la mélancolie grunge de The Cranberries.
La force de l’album réside indéniablement dans la maîtrise vocale de Ravyn. Sa voix aérienne et précise glisse sans effort sur le morceau hybride et percutant « Handle » ou virevolte aux côtés de la rappeuse Doechii sur « Babygirl ». La critique internationale, de The Guardian à Rolling Stone, salue une ambition stylistique féroce. Néanmoins, quelques réserves subsistent chez certains médias comme Pitchfork face à des collaborations plus lisses comme « Reputation » avec Dominic Fike, ou une production parfois si léchée qu’elle peut masquer l’intimité brute de l’artiste.
Malgré de légères inégalités, Blue Island s’impose comme une œuvre d’émancipation. Le morceau de clôture « Let Us In » résume à lui seul la philosophie de l’album : le refus d’être confiné dans une case et le droit absolu à la réinvention. C’est la bande-son audacieuse d’une artiste qui dicte ses propres règles.

