Le quatuor de Portland, Glass Rabbit, marque un tournant décisif aujourd’hui avec la sortie de son éclatant nouveau single, « Damn Shame« . Premier jalon d’une longue série de parutions menant directement à leur album Water Sleep Machines prévu pour la mi-2027, ce morceau précieux illustre une émancipation spectaculaire depuis leur démo publiée en 2024. Le groupe abandonne son shoegaze initial plus lourd pour s’aventurer sereinement dans un royaume éthéré et atmosphérique, magnifié par l’arrivée du batteur Eric Rubalcava.
Enregistré au studio Singing Sands par Tobias Berlinger et mixé par le vétéran David Gross, le titre explore la dissonance psychologique de la honte et des comportements répétitifs. « Damn Shame » se déploie en deux mouvements émotionnels distincts qui traduisent musicalement la manière dont la pression émotionnelle s’accumule avant de se rompre définitivement.
D’abord, des couplets intimistes et murmurés où la voix de Becky Phillips s’élève avec une vulnérabilité obsédante, rappelant fidèlement la mélancolie vaporeuse de Mazzy Star. Puis, la tension dynamique explose en un final cathartique saturé de bruit, évoquant l’influence évidente de Sonic Youth et le mur de son de My Bloody Valentine.
Entre textures de guitares hypnotiques habilement façonnées par Scott Crawford et Johnny Pils, mêlant équipements haut de gamme et techniques lo-fi, le morceau captive par sa production méticuleuse. Glass Rabbit réussit à équilibrer parfaitement l’atmosphère délicate et la libération brute. « Damn Shame » s’impose aujourd’hui comme une œuvre organique puissante, un prélude très hautement prometteur pour la suite de leur parcours musical.

