À l’heure où l’intelligence artificielle avance masquée dans la musique, la rappeuse coréano-américaine Novaix Onyx bouscule les codes en jouant cartes sur table. Signée chez Novaix Entertainment, l’artiste virtuelle dévoile son premier EP, Close, un projet fascinant axé sur le concept du double sens et du contrôle.
Le morceau-titre, « CLOSE », s’impose comme une perle UK garage-house cadencée à 134 BPM. On y retrouve l’efficacité d’un rythme two-step syncopé couplé à un kick four-on-the-floor, une basse d’orgue incisive et un riff vocal entêtant aux accents des années 90. Quelque part entre le minimalisme de PinkPantheress, l’énergie d’XG (« IYKYK ») et la lourdeur des subs de Sammy Virji, Onyx navigue avec brio. Exit le drop traditionnel : l’acmé réside dans la transition fluide entre un phrasé parlé-chanté et un rap chirurgical et ultra-rapide en seconde moitié de piste, avant un arrêt net, presque brutal.
Le reste de l’EP brille par cette même dualité sémantique. L’introduction « HANDLE » pose des bases sombres sur la gestion de soi, tandis que le single estival « LOADED » s’impose par sa rythmique lourde. Enfin, « RUSH » pousse le curseur de la vitesse à son paroxysme, évoquant la décharge d’adrénaline.
La vraie force de ce projet hybride, oscillant entre anglais et refrains en coréen, réside dans sa démarche. Ici, la direction créative et l’écriture restent purement humaines ; seule l’interprétation est générée. En affichant cette transparence, Novaix Onyx prouve que l’IA, lorsqu’elle est honnête, peut paradoxalement insuffler un groove terriblement organique à la pop mondiale.

