Avec « Wicked Games », sorti ce 26 juin, Antonio Larosa s’enfonce magistralement dans les recoins les plus sombres de son univers musical. Loin des sentiers balisés, cette chronique d’une addiction annoncée se déploie dans une atmosphère très enfumée, portée par un groove hypnotique et une intensité brute, presque sauvage.
Coécrit avec Emmett Jerome, Bailey Jacobsen et Marcus Ramsay, ce morceau explore la tension éternelle entre le plaisir immédiat et ses conséquences destructrices. « C’est l’histoire de savoir que quelque chose est foncièrement mauvais pour soi, mais de le vouloir quand même », confie le brillant musicien canadien. Larosa ravive ici les vieux démons du rock’n’roll : la tentation, le désir et les excès, enveloppés dans un écrin country-rock aux accents rockabilly. On y décèle aussi une subtile influence psychédélique héritée des années soixante.
Pour capturer cette énergie authentique et un brin détraquée, l’équipe s’est enfermée aux Afterlife Studios. Enregistré sur du matériel analogique d’époque sous la houlette de Ramsay, le titre vibre d’une texture profondément organique et d’une liberté contagieuse. La voix de velours de Larosa, souvent comparée à celle d’Elvis, se frotte ici à des guitares électriques rugueuses et une pedal steel hautement magnétique.
« Wicked Games » n’est pas une simple chanson de plus ; c’est une fixation nocturne qui s’installe durablement après que la raison a déserté la pièce. C’est dangereux, envoûtant, et terriblement viscéral. Antonio Larosa signe là une œuvre habitée, prouvant que sa country alternative sait parfaitement flirter avec le danger quand la nuit tombe enfin.

