Quand la poésie brute rencontre l’innovation technologique, le résultat s’avère magistral. Avec son nouveau single We Belong Here, Excelsior Black — l’alter ego musical du poète et écrivain britannique Kieron Blake — signe un manifeste sonore d’une portée politique et intime assez rare.
À l’origine, ce titre palpitait sous la forme d’un poème intitulé Blackopean Parliament, extrait de son recueil Somewhere Between London and Brussels. Nourri par son vécu de jeune Afro-Britannique immergé dans les rouages complexes de la politique européenne à Bruxelles, l’auteur explore avec finesse les notions d’identité, de race et d’ambition. En studio, entre Londres et la capitale belge, ce texte s’est métamorphosé en une déclaration d’une simplicité révolutionnaire : « J’ai moi aussi le droit d’occuper cet espace ».
Musicalement, l’œuvre frappe par sa fluidité hautement organique. Elle fusionne avec audace le R&B alternatif, la néo-soul, le spoken word et un hip-hop conscient aiguisé. La véritable prouesse réside pourtant dans sa conception : Blake utilise judicieusement l’intelligence artificielle pour façonner les voix, l’instrumentation et la production globale. Loin de figer le morceau, cette technologie de pointe amplifie ici la vulnérabilité et la force de son récit personnel.
We Belong Here transcende le simple exercice de style. C’est une œuvre essentielle qui propulse une perspective britannique vers un écho international. En s’affirmant dans des espaces où les personnes de couleur ont historiquement été sous-représentées, Excelsior Black livre un hymne de confiance universel. Une belle réussite culturelle pour un artiste qui bouscule les codes musicaux établis.

