Avec Nautilus, son troisième album paru chez Roble Records, le bassiste, compositeur et producteur italien Pier Piras repousse les frontières de son instrument. Loin de se contenter d’un rôle d’accompagnement traditionnel, sa guitare basse acoustique devient un orchestre à elle seule. Il y marie des techniques fingerstyle, des percussions organiques et des textures cinématographiques d’une grande finesse.
Inspiré par la forme géométrique et la spirale du nautile, cet opus se vit comme une véritable exploration intérieure nomade. Le disque oscille avec élégance entre sonorités méditerranéennes, world fusion, folk et nuances jazz ou flamenco. L’instrument soliste s’impose ici comme le point de départ d’un paysage sonore riche, immersif et résolument affranchi des frontières de genres.
L’album s’ouvre sur le captivant Medusa, qui installe immédiatement une atmosphère enivrante où le groove boisé de la basse dialogue avec des textures éthérées. Le voyage se poursuit avec Oghes Infrànghidas, sublimé par la prestation vocale de Mila Trani qui enrichit la dimension transculturelle du projet. Plus loin, Sofia, enregistré en collaboration avec Francesco Moneti des Modena City Ramblers, apporte un souffle folk chaleureux et une énergie rythmique particulièrement organique.
En s’entourant également de talents comme Pierpaolo Vacca à l’organetto sur Sol in Sol, l’artiste sarde signe une œuvre à la fois intime et ambitieuse. Nautilus s’impose ainsi comme une réussite magistrale, une parenthèse instrumentale hors du temps où chaque note résonne comme une invitation au voyage.

