Paru initialement en 2015 comme un morceau bonus masqué derrière « Team Natural », Lost & Found est resté l’un des secrets les mieux gardés du rap indépendant new-yorkais. Aujourd’hui, grâce à un travail minutieux de mixage et de remasterisation signé par l’ingénieur Jonny Wolf, cette pépite s’offre enfin une sortie autonome sur toutes les plateformes numériques. Loin des simples hommages nostalgiques, la piste capture toute l’énergie brute de l’époque PerfectHairForever.
Pensé comme un cypher improvisé au cœur d’une cantine scolaire, le morceau réunit la garde rapprochée du collectif Dojo Fam — de Big Brody Ode à Ish Amir, en passant par Marc B. The God, Neo Huxtable, DFB et Mouse Sucks. La mise en scène s’avère redoutable : tandis qu’Ode cherche désespérément son carnet de rimes égaré, les flows s’enchaînent avec une spontanéité organique rare.
Le point d’orgue humoristique survient lorsque BKLYN Zu se met soudainement à réciter un couplet volé avant de lancer, l’air de rien : « Tu avais dit qu’il était aux objets trouvés. » Plus qu’un simple exercice de style, ce titre fonctionne comme une véritable capsule temporelle. Il immortalise la ferveur créative d’un collectif dont les racines s’étendaient de Brooklyn au Queens, à l’époque où les joutes verbales valaient autant que les albums finis.
En s’achevant sur la mention murmurée de Debbie’s Tape — l’album inaugural avorté du groupe —, Lost & Found referme une parenthèse historique poignante. Une résurrection indispensable.

