Avec Last Resort, Luka & the Nightbirds offre un disque qui sent la poussière des amplis, la chaleur du bois et les silences qu’on retient pour ne pas trembler. Enregistré en live dans un studio niché au cœur du Cantal, l’album préserve cette vibration organique que seule la prise directe permet : rien n’est lissé, rien n’est poli. On y entend la vie qui passe, qui cogne, qui guérit.
Dès « Just Wanna Cry », qui ouvre le projet, le décor est planté. Les guitares mordent comme dans les grandes heures du rock des années 70, mais la voix, elle, demeure à fleur de peau. On sent un homme qui avance avec son histoire en bandoulière, sans chercher à masquer les failles. Ce premier titre donne l’impulsion d’un voyage intérieur, entre fracas et lumière.
Le cœur de l’album, c’est évidemment « Vertigo », écrit dans l’ombre d’un deuil brutal. Luka y convoque une émotion presque palpable : l’harmonica de Diabolo et le violon de Carine Gomez dessinent un vertige intime, cette sensation de chute silencieuse que les mots peinent à traduire. C’est une ballade pudique, bouleversante, qui frappe par sa sincérité désarmée.
Un peu plus loin, « Mister Man » s’impose comme l’un des joyaux du disque. Avec son allure de ballade rock intemporelle, il évoque par moments l’héritage mélodique des Beatles. Le refrain, répété avec une simplicité entêtante, s’accroche durablement à l’oreille. Une merveille discrète, qui mérite d’être découverte par le plus grand nombre.
Au fil de ses onze titres, Last Resort se dévoile comme un refuge et un exutoire. Un album où l’on entend un musicien se relever, respirer, et transformer la douleur en éclats de vérité.

