Basé à Houston, au Texas, Malkotron poursuit en solitaire une œuvre patiente : depuis 2013, ce musicien, compositeur et parolier écrit, joue et produit chaque élément de sa musique lui-même, en parallèle d’un emploi à temps plein et d’une vie de famille.
Son nouvel album, « No Paradise », s’inscrit dans la lignée du rock progressif nourri d’émotion des années 1970 à 1990. On y entend l’ombre de Pink Floyd — les envolées de guitare rappellent David Gilmour, les nappes de clavier évoquent Rick Wright — mais aussi celle de Marillion, dont les textures synthétiques irriguent l’ensemble. Des touches de folk acoustique, à la Simon & Garfunkel ou Bon Iver, viennent adoucir des influences plus sombres, du côté de Van der Graaf Generator ou de Nine Inch Nails.
Sans dérouler une histoire à proprement parler, l’album fonctionne comme un concept-album : neuf titres qui tournent tous autour d’un même sujet, la dépression, abordée sans détour ni métaphore complaisante. Malkotron préfère les mots crus à la joliesse habituelle du genre — l’impuissance, l’isolement, la colère, l’espoir qui s’échappe. Des questions simples et redoutables traversent le disque : comment reconnaît-on qu’on a touché le fond ? Comment briser un cycle qui semble sans fin ?
Le morceau-fleuve « Lost and Found » observe, depuis une distance presque documentaire, notre incapacité collective à nous relier les uns aux autres, alternant passages fluides et éruptions plus âpres. « Slender Threads » creuse la difficulté d’aimer, tandis que la brève pièce acoustique juste avant « Dusty Beams of Light » évoque une inspiration fuyante et un sentiment de trahison.
Sans doute la pause musicale dont vous avez besoin pour commencer votre semaine.

