Dans le paysage saturé du post-genre, peu d’artistes imposent une présence aussi viscérale que Mz Neon. Basée à Los Angeles, cette musicienne totale — multi-instrumentiste, productrice et plasticienne — vient de libérer « Queen Hyena », premier single d’un album inaugural tant attendu. Plus qu’un titre, c’est un manifeste.
Mz Neon y explore son lien archétypal avec la hyène matriarcale, cette anomalie de la nature, guerrière et inter-sexe, qui défie toute catégorisation évolutive. En adoptant cet alter ego, la « trans-femme-fatale » de New York transforme le chaos en une élégance provocatrice. Sa musique, à la fois punk et industrielle, confronte sans détour les questions d’identité, de spiritualité et de politique.
Mais au-delà du studio, c’est sur le bitume que le combat s’incarne. Actuellement en tournée américaine avec Lords of Acid, Mz Neon brave un climat politique hostile. Entre lois discriminatoires sur les espaces publics et censures scéniques visant la communauté trans, l’artiste refuse le rôle de victime. « Je suis le rêve américain personnifié », martèle-t-elle, réappropriant l’imagerie classique des États-Unis pour revendiquer son droit à l’existence.
Sur scène, le danger est réel, mais l’urgence artistique l’emporte. Mz Neon n’est pas un simple fait divers, c’est une force de la nature qui utilise sa voix pour éclairer ceux que l’on tente de réduire au silence. Avec « Queen Hyena », elle prouve qu’elle est, selon ses propres mots, « la garce qui gagne » : une icône indomptable dans un monde en pleine mutation.

