Certains disques agissent comme des phares dans la nuit. Avec son premier album studio, le producteur DIY d’Helsinki, Markku Ruottinen, signe une œuvre d’une intensité rare sous le nom de Neighbourhood Tower. Seul maître à bord, l’artiste finlandais a entièrement écrit, interprété et produit les dix titres de cet opus magistral. Il y sculpte un son intemporel et profondément organique, quelque part entre la mélancolie nordique et l’évasion cinématographique.
Dès l’ouverture, l’album fascine par son alliage unique : un rock alternatif atmosphérique teinté de synthétiseurs rétro et de textures shoegaze. On y décèle l’ambition mélodique de l’Alan Parsons Project, mariée à l’énergie moderne de The War on Drugs. Le morceau d’ouverture, « Stranger in a strange land », plonge immédiatement l’auditeur dans ce bain cosmique. Ses nappes de claviers immersives tracent une ligne d’horizon infinie, capturant parfaitement l’essence céleste du projet.
Plus loin, le single « Nothing comes easy » s’impose comme un single efficace avec des mélodies familières, des lignes de chant qui restent en tête, le single s’impose comme une chanson à fort potentiel. Rythmique hypnotique et sonorités aériennes s’y croisent pour illustrer le sentiment d’isolement, transfiguré par un sens de la pop grandiose. On peut également parler de « Channeling Darkness » qui matérialise cette transition de l’ombre vers la lumière promise par l’album. La production, vibrante et texturée, y laisse éclater des influences rappelant l’audace psychédélique des Flaming Lips.
En équilibre parfait entre nostalgie AOR et pop moderne, Markku Ruottinen évite tous les pièges du pastiche. Il livre un voyage sonore immersif et captivant. Une première œuvre lumineuse, hautement recommandée pour les longues soirées d’automne.

