S’il est un nom à surveiller de près cette année, c’est bien celui de NESYA. Avec son nouveau single au titre impératif, « PUT THE FRIES IN THE BAG », l’artiste américaine s’impose comme la figure de proue d’une pop mutante, capable de transformer l’effondrement émotionnel en un hymne addictif.
Véritable ovni sonore, ce morceau s’affranchit des étiquettes pour offrir un cocktail détonnant : un mélange « genreless » où s’entrechoquent la mélancolie de la darkwave, l’urgence brute du post-punk et l’efficacité redoutable de la trap-pop. Sous la houlette du producteur Kill Dave, NESYA compose la bande-son d’un cœur brisé sur lequel on ne peut s’empêcher de danser. La basse, lourde et pulsée, soutient une interprétation vocale volontairement détachée, presque robotique, qui souligne l’absurdité du traumatisme vécu.
Car derrière l’énergie club se cache une genèse douloureuse. Écrit dans les décombres d’un divorce et d’une trahison, le titre agit comme un exutoire. Pour NESYA, l’expression « mets les frites dans le sac » devient une métaphore de la survie banale face au chaos intérieur. C’est le premier acte de son projet à venir, K!LL NESYA, une mue artistique radicale où elle enterre son passé pour mieux renaître.
En réussissant ce tour de force — rendre le désespoir magnétique et le deuil euphorique — NESYA prouve qu’elle n’est pas qu’une simple révélation éphémère. Elle est la voix d’une génération qui soigne ses plaies sous les stroboscopes. Une artiste « One to watch », sans aucun doute.

