Il est des nuits où l’angoisse se mue en poésie pure. C’est précisément d’un frisson nocturne, l’ombre fugitive d’un coyote aperçu derrière une vitre torontoise, qu’est né howl, le nouveau single de l’artiste canadienne pssyclwz. Pour cette œuvre suspendue, elle s’associe à la voix magnétique d’Amelia Antoinette. Ensemble, à présent, elles signent une pièce indie folk éthérée d’une rare intensité organique.
Loin des artifices électroniques, howl déploie une orchestration texturée, habitée par des harmonies vocales superposées qui évoquent la richesse chorale de Fleet Foxes. Mais derrière la beauté hantée de cette mélodie se cache une introspection plus douloureuse. La figure du loup y devient une métaphore puissante : celle des dynamiques toxiques et des pièges que l’on attire involontairement tant que nos blessures intérieures ne sont pas refermées.
« La chanson est devenue une ode au sauvetage de soi-même, malgré le désir profondément humain d’être secouru », confie l’artiste. C’est là que réside la force de ce morceau. Il refuse le romantisme passif de l’attente d’un héros. howl capture ce moment de bascule, presque viscéral, où l’on comprend que notre propre salut ne viendra que de nos propres mains.
Produit avec une délicatesse artisanale, le titre progresse comme une méditation sur la guérison, transformant la peur non résolue en un cri d’émancipation. En choisissant de s’affranchir, pssyclwz et Amelia Antoinette n’offrent pas seulement une complainte mélancolique ; elles livrent un hymne de résilience universel, vibrant d’une humanité brute et nécessaire. Une œuvre résolument salutaire.

