Il est des disques qui arrivent sur les platines avec la promesse d’un sourire en coin. C’est exactement le pari relevé par Remik Erikson avec son tout nouvel opus, A Baker’s Dirty Dozen. Loin des sentiers balisés de la pop aseptisée, l’artiste signe ici un manifeste sensoriel où la cuisine devient le miroir de nos passions les plus intimes.
Dès les premières mesures, le ton est donné. Loin d’une simple pochade humoristique, l’album surprend par la propreté de sa production. Entre des lignes de basse funk qui rappellent les grandes heures du genre et des synthétiseurs acidulés, les arrangements respirent. Les percussions, nettes et organiques, soutiennent une écriture où chaque métaphore culinaire fait mouche. On pense à un esprit espiègle qui jonglerait habilement entre le dancefloor et l’art de la table, sans jamais tomber dans la vulgarité gratuite.
Sur Toss Your Salad ou encore le langoureux Fondue You, Erikson déploie une palette vocale étonnamment riche. Il murmure, scande et s’envole sur des refrains diablement accrocheurs. Ce qui séduit par-dessus tout, c’est cette spontanéité palpable. On a l’impression d’assister à une jam-session improvisée dans une cuisine un soir de fête, où le désordre apprivoisé nourrit la créativité.
Sans révolutionner l’histoire des musiques actuelles, ce treizième plat discographique fait un bien fou. C’est un disque qui refuse de se prendre au sérieux tout en témoignant d’un vrai savoir-faire d’orfèvre. À consommer sans modération, de préférence à volume maximal.

