Avec RIVER, chaque sortie ressemble à une mue. Mais Lost in the Ocean marque un tournant : une plongée sans filtre dans les zones troubles de l’attachement et de l’auto-sabotage.
Dès les premières secondes, le morceau installe un climat spectral. Les textures sont diaphanes, presque liquides, et la voix flotte dans un écrin minimaliste, entre tension contenue et abandon. On pense aux atmosphères de Portishead ou à la mélancolie brumeuse de Mazzy Star, mais RIVER impose une confession plus frontale. Elle y observe ses propres fuites : la peur de l’engagement, la tentation d’utiliser les relations comme rempart contre la solitude ou marchepied vers une illusion d’accomplissement.
Le clip, qu’elle conceptualise elle-même, prolonge cette immersion. L’artiste dérive dans un monde submergé jusqu’à l’apparition d’un cordon ombilical la reliant à une autre version d’elle-même — image forte d’un attachement persistant aux anciens schémas, nourri par la validation extérieure.
Après I AM CANCER et Infected mind, RIVER poursuit son exploration d’une vulnérabilité radicale. Née à Gothenburg et installée à Stockholm, elle façonne une pop alternative où la beauté naît du malaise. Lost in the Ocean ne console pas : il met à nu.

