Sur « Plus d’amis », le collectif montréalais Rosier poursuit son travail de passeur entre les siècles. Dévoilé le 13 février et extrait de l’édition deluxe de Elle veille encore, le titre s’inscrit dans cette démarche singulière : puiser dans des textes folkloriques franco-canadiens et français pour en révéler l’écho contemporain.
À l’origine, un récit ancien centré sur la peur de perdre la mère. Une thématique universelle, mais traitée ici avec une retenue presque méditative. Rosier évite tout lyrisme appuyé et privilégie une construction minimaliste : guitares sobres, tempo ralenti, silences assumés. L’ensemble flirte avec des textures slowcore, loin d’un folklore muséal ou d’un simple exercice de revival.
Le morceau prend une dimension supplémentaire grâce à la participation de Safia Nolin. Les deux voix féminines se superposent avec délicatesse, jusqu’à former une présence quasi chorale, intime et enveloppante. Cette fusion vocale incarne parfaitement l’esprit du projet : faire circuler la mémoire à travers des timbres incarnés.
Avec « Plus d’amis », Rosier confirme la cohérence artistique d’Elle veille encore : réinterpréter les figures maternelles du répertoire traditionnel pour leur offrir un espace contemporain. Une proposition sensible et organique, où le passé ne se contente pas d’être cité — il continue de vibrer.

