Dans “Feather Light”, Scott Yoder revient avec une ballade solaire aux éclats introspectifs. Écrite dans un moment suspendu, alors qu’il travaillait dans une ferme de cannabis, la chanson puise son inspiration dans “Broken Wings”, l’œuvre poignante de Khalil Gibran. Yoder se laisse emporter par la plume du poète libano-américain, traduisant en musique les douleurs et les douceurs de l’amour éphémère. Ce fil narratif invisible tisse le cœur du morceau, qui devient à son tour une confession intime : celle d’un artiste traversé par la perte et la beauté.
Ce qui frappe, c’est la qualité organique de la composition. Les guitares scintillent d’une lumière dorée, presque tactile, enveloppant l’auditeur comme les premiers rayons d’un matin d’été. La voix de Yoder, douce et légèrement brumeuse, évoque les silences laissés par les souvenirs, les choses qu’on n’a pas dites. Il ne cherche pas l’exubérance — il préfère les nuances, le murmure au cri, comme une caresse sonore posée sur le papier de nos émotions.
“Feather Light” brille par sa sincérité. Loin d’une posture esthétique, Yoder fait corps avec son morceau, créant une mélodie qui semble respirer et vibrer à notre rythme. Il réussit ce pari rare : celui de toucher à l’universel avec des mots et des sons profondément personnels. L’élan mélancolique y côtoie la légèreté, comme deux amants qui se retrouvent dans un rêve.
Ce single s’inscrit dans la continuité glam-folk de Yoder, tout en portant une fragilité nouvelle, presque tactile. “Feather Light” n’est pas une chanson qu’on écoute distraitement : c’est un petit sanctuaire où l’on vient s’abriter, un instant suspendu entre ciel et cœur. À la croisée de la littérature et du son, Scott Yoder signe une œuvre lumineuse, sincère, et terriblement humaine.

