Il fallait une certaine dose d’audace — ou peut-être un soupçon de folie nocturne — pour oser s’attaquer au monument R&B qu’est « Pony ». Pourtant, c’est exactement le pari relevé par Sharkeologist. Le groupe basé à Seattle ne se contente pas de reprendre le tube de Ginuwine et Timbaland ; il le déconstruit pour le rebâtir entre les murs chargés de pluie de la cité d’émeraude.
Enregistré en une seule journée aux studios Exex Audio en septembre 2025, le morceau délaisse le velours de l’original pour un cuir sombre et usé. Dès les premières notes, l’influence est claire : nous sommes en plein territoire synth-grunge. Le titre fusionne les harmonies pesantes à la Alice in Chains avec cette atmosphère éthérée et cinématographique si chère aux Deftones. Le résultat est une pièce de « Noir Rock » magnétique, portée par un solo de flûte hanté signé par le multi-instrumentiste Johnny Butler.
Ce qui frappe ici, c’est la capacité du groupe à conserver la sensualité brute du hook original tout en y injectant une angoisse métallique presque palpable. Comme le souligne le groupe, si l’original évoque le désir, leur version explore la part d’ombre et de mystère qui l’accompagne. C’est du « Sexy Weezer » sous acide, une relecture qui semble tout droit sortie de 1993 tout en restant résolument moderne.
Ce single annonce l’EP TAXIDERMY is FOREVER, attendu pour le 28 mai. Pour les nostalgiques des années 90 et les amateurs d’alt-metal sombre, ce détour par Seattle est tout simplement incontournable.

