Certaines chansons naissent du frisson, d’autres du regret. Avec “Pía”, le groupe Shush choisit la seconde voie — celle qui brûle encore longtemps après que la flamme s’est éteinte.
Ce nouveau single marque un tournant pour la formation : leur première véritable ballade, et sans doute la plus vulnérable de leur répertoire. Dès les premières mesures, l’atmosphère s’installe — sombre, presque suspendue. La voix du chanteur avance à découvert, chargée d’un poids qu’on devine personnel. Il ne s’agit pas d’un simple souvenir romantique, mais d’un attachement qui persiste. Trois jours d’histoire. Trois ans d’obsession.
“Pía” raconte une relation brève, intense, impossible à classer dans la catégorie “mauvais timing”. Ici, le moment n’était ni trop tôt ni trop tard. Il était le seul. Et c’est précisément ce constat qui donne au morceau sa tension dramatique. Le texte assume aussi une dimension plus inconfortable : écrire sur une ancienne flamme alors que l’on partage sa vie avec quelqu’un d’autre. La frontière entre nostalgie et toxicité devient floue.
Puis vient le solo. Et tout bascule. La guitare ne cherche pas la virtuosité démonstrative ; elle ressemble plutôt à une confession tardive. Comme si la musique, soudain, prenait la parole pour s’excuser à la place des mots.
Avec “Pía”, Shush livre une ballade romantique et troublante, où l’émotion prime sur la retenue. Une chanson qui rappelle que parfois, la musique est la seule façon honnête de dire pardon.

