Dans le paysage souvent saturé de la scène alternative, certains titres agissent comme une respiration nécessaire. C’est précisément l’effet produit par « Said And Done », la dernière pépite de Solbore, sortie le 8 avril dernier. Pour ce projet, le collectif s’est entouré de Neil Cosgrove et du Cop Car God Squad, créant une synergie sonore qui frôle l’hypnose.
Dès les premières notes, l’auditeur est plongé dans une atmosphère vaporeuse, où le Trip-Hop rencontre l’élégance feutrée du Downtempo. La structure du morceau, à la fois minimaliste et riche en textures, évoque immédiatement les grandes heures de Massive Attack ou les explorations mélodiques de Radiohead. Mais Solbore ne se contente pas de citer ses influences ; il les digère pour offrir une œuvre profondément singulière.
Le point d’orgue de cette composition reste sans doute l’intervention magistrale du trompettiste. Son souffle, tantôt fragile, tantôt puissant, déchire le voile de mélancolie qui enveloppe le titre, apportant une dimension organique et presque charnelle à l’ensemble. On y retrouve cette intensité dramatique propre à un Jeff Buckley, où chaque silence semble aussi chargé de sens que les arrangements eux-mêmes.
« Said And Done » n’est pas simplement une chanson, c’est une expérience immersive, « silencieusement expansive », qui confirme la place de Solbore parmi les architectes de l’émotion pure. Une pièce rare, à écouter dans la pénombre pour en saisir toute la lumière intérieure. C’est le son d’une évidence : quand tout est dit et fait, seule reste la beauté.

