Spotify ne veut plus seulement être un espace d’écoute. La plateforme suédoise regarde désormais vers une nouvelle frontière : celle des œuvres dérivées générées par intelligence artificielle. Derrière ce terme encore technique se cache une idée simple mais potentiellement révolutionnaire : permettre aux fans de créer des remixes, des reprises ou des variations de morceaux existants, directement à partir des catalogues des artistes.
Selon la direction de Spotify, la technologie est prête. Les outils capables de générer ces déclinaisons musicales existent déjà et pourraient être intégrés rapidement à l’écosystème de la plateforme. Le véritable enjeu se situe ailleurs : dans les cadres juridiques et contractuels, encore peu adaptés à ce type d’usage. Comment répartir la valeur ? Qui est rémunéré, et à quelle hauteur, lorsque l’IA devient un intermédiaire créatif ?
Spotify défend une approche pragmatique. Plutôt que de bloquer ces usages, l’entreprise souhaite les encadrer et les transformer en opportunités économiques pour les artistes. L’objectif affiché est clair : créer de nouvelles sources de revenus à partir de catalogues existants, tout en renforçant le lien entre artistes et auditeurs.
Cette vision s’inscrit dans un débat plus large qui traverse toute l’industrie musicale. Là où certains acteurs préfèrent cloisonner l’IA, Spotify mise sur l’interaction et la participation, convaincu que les fans ne veulent plus seulement écouter, mais aussi s’approprier la musique.
Si les équilibres restent à définir, une chose est certaine : avec les dérivés musicaux, Spotify esquisse un futur où la frontière entre auditeur et créateur devient de plus en plus poreuse.

