Quand la politesse des convenances finit par étouffer l’instinct, il ne reste qu’une solution : briser la cage. C’est précisément ce que propose « BEAST », la collaboration tellurique entre Stitched Up Heart, Elias Soriano (Nonpoint) et l’écurie de production Judge & Jury. Plus qu’un simple single, ce titre s’impose comme une décharge d’adrénaline brute, annonçant l’arrivée imminente de l’album Medusa.
Mixi Demner, la frontwoman de Stitched Up Heart, ne mâche pas ses mots pour décrire cette genèse : c’est son « monstre intérieur » qui s’émancipe enfin, une créature de Frankenstein lâchée dans un cimetière. Musicalement, l’analogie est frappante. Les riffs, massifs et saccadés, évoquent le vrombissement de moteurs de motocross labourant la terre, tandis que la production millimétrée de Howard Benson et Neil Sanderson donne au morceau une ampleur cinématographique.
Le génie de « BEAST » réside dans son équilibre précaire entre le chaos et la maîtrise. La performance vocale d’Elias Soriano apporte une texture organique et viscérale, complétant les cris de Mixi qui viennent couronner l’ensemble comme le « glaçage sur un gâteau d’horreur ». C’est un hymne sauvage, une invitation à « danser dans la poussière » et à embrasser sa propre part d’ombre.
Loin d’être une simple démonstration de force, le morceau possède ce côté « Graveyard Smash » — à la fois fun et féral — qui transforme le mosh pit en une célébration libératrice. Le message est clair : l’heure n’est plus à la retenue, mais au rugissement.

