Avec Hide Inside The Moon, The Mortal Prophets nous entraînent dans un voyage à mi-chemin entre rêve et veille. À la tête du projet, John Beckmann orchestre l’album avec une précision cinématographique, mêlant écriture, production et arrangements dans un univers sonore à la fois intime et vaste qui ne vous laissera pas de marbre. Comme nous, vous allez être emportés dès les premières mesures.
Le projet accueille deux nouvelles voix, surnommées affectueusement “les enfants du quartier” : Tanner McGraw, qui porte les lignes de chant principales, et Lawson Mars, dont les chœurs se fondent comme des échos hallucinés. Ensemble, ils font respirer chaque morceau, donnant vie à un paysage musical où psychédélisme rêveur, pop cinématique et nappes ambient se rencontrent naturellement.
On sent l’ombre de Syd Barrett ou de Robert Wyatt, non pas par imitation, mais comme une présence diffuse qui colore l’album de nostalgie et de fragilité. Des morceaux comme Hide Inside The Moon, My Future Past ou Eyes in the Sky plongent l’auditeur dans un temps malléable : le futur se fait souvenir, le passé se réinvente, et chaque note semble flotter dans l’air.
La poésie des Mortal Prophets se révèle dans les détails : les rues luisantes après la pluie, les diners tardifs, les scènes rouges de théâtre. Même dans sa part la plus étrange, la musique reste profondément humaine, son psychédélisme étant toujours au service de l’émotion plutôt que du spectacle.
En fin de compte, Hide Inside The Moon n’est pas seulement un album, mais une expérience immersive. On y marche dans une brume sonore où chaque écoute révèle de nouvelles nuances, un disque à la fois mystérieux et chaleureux, capable de capturer l’imaginaire et de suspendre le temps.

