Certains morceaux sonnent comme des aveux. « Sonho Sem Fim », deuxième extrait de l’EP trois titres à venir de Tugen, en fait partie. Après « Sol », premier chapitre de cette histoire encore en écriture, l’artiste poursuit ici un récit intime, celui d’une renaissance artistique mûrie après des années d’errance stylistique.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : retrouver une voix. Après avoir exploré différents genres sans jamais vraiment s’y reconnaître, Tugen semble avoir enfin mis la main sur un son qui lui ressemble. Sur « Sonho Sem Fim », la house musique épouse la chaleur et le groove de la musique brésilienne, dans un dialogue assumé avec des figures tutélaires comme Jorge Ben ou Tim Maia. La bossa nova et la samba viennent infuser une production électronique résolument organique, où chaque texture semble respirer plutôt que calculer.
Le résultat déjoue les logiques de tendance. Plutôt que de courir après un son du moment, Tugen cherche l’intemporel : une musique électronique qui porterait, littéralement, l’âme du Brésil. C’est une ambition modeste dans sa formulation mais exigeante dans son exécution, celle de faire cohabiter la nostalgie d’un certain âge d’or musical brésilien avec la vitalité du club contemporain.
« Sonho Sem Fim » s’adresse avant tout à celles et ceux qui aiment la house organique, les influences brésiliennes et une forme d’honnêteté narrative en musique. Un titre qui ne cherche pas à convaincre à tout prix, mais à toucher juste — et c’est peut-être là sa plus grande réussite.

