Il est de ces disques qui dépassent la simple partition pour devenir des actes de mémoire. Avec l’EP Funsucker, les Undercity Kings ne se contentent pas de livrer une salve de punk rock nerveux ; ils signent un hommage vibrant à leur fondateur disparu, Tommy Walters. Ce projet, porté par le légendaire label Mystic Records, puise sa force dans l’utilisation de textes inédits du visionnaire original, offrant une voix posthume à celui qui a défini l’ADN du groupe.
Enregistré à Hawaï, cet opus parvient à un équilibre improbable : marier l’agressivité urbaine du punk californien à l’« esprit Aloha » de l’archipel. Cette fusion organique s’exprime dès les premières mesures de « Here’s a Buck », où la rage sociale rencontre une production chaleureuse. Le morceau-titre, « Funsucker », est une décharge d’adrénaline de moins d’une minute qui prouve que l’urgence punk reste intacte. Juste avant, « Society Spell » démontre une alchimie retrouvée entre les membres actuels, capables de transformer des archives en hymnes contemporains.
Loin d’être un simple exercice de nostalgie, cet EP montre que l’esprit punk ne s’éteint jamais : il évolue. Entre les sessions en studio sur l’île et une tournée estivale ambitieuse reliant Honolulu aux néons de Las Vegas, les Undercity Kings affirment leur vitalité. Ce disque est le témoignage d’un groupe qui honore ses racines tout en conquérant de nouvelles scènes. C’est brut, sincère et surtout profondément vivant.
C’est une preuve éclatante que l’héritage de Walters est entre de bonnes mains, prêt à faire trembler le Pacifique et bien au-delà. La flamme de la révolte créative brûle encore, portée par une énergie contagieuse qui refuse tout compromis commercial. Les Kings règnent à nouveau.

