Sous le pseudonyme de Voix Nulle, le compositeur et multi-instrumentaliste basé à Sydney Brendon Warner signe avec Latticework un premier effort aussi audacieux qu’hypnotique. Ancien guitariste du groupe post-rock We Lost The Sea, l’artiste abandonne ici les murs de guitares pour se plonger corps et âme dans l’électronique expérimentale. Conçu au cœur du quartier créatif de Newtown, cet album explore une fusion fascinante entre la rigueur de la composition et l’imprévisibilité totale du matériel analogique.
Inspiré par la littérature surréaliste de Haruki Murakami et la vitalité urbaine de Sydney, l’opus déploie des paysages sonores d’une grande profondeur textuelle. Dès l’ouverture, le morceau « Signing Secrets with the Moon » pose les bases d’une ambient ténébreuse et cinématique, où chaque onde de synthétiseur vibre d’une organicité saisissante. Plus loin, le titre « Neon Storm » intensifie la dynamique en sculptant de vastes strates sonores, évoquant les partitions texturées de bandes originales marquantes comme Ex Machina.
L’album trouve également son ancrage émotionnel dans la pièce « Childlike Empress », nommée en hommage au personnage éthéré de L’Histoire sans fin. Conçu comme une méditation sombre et modulaire, ce morceau incarne la résilience humaine face à l’adversité et à la incertitudes du néant. À travers ces compositions, Warner célèbre la richesse insoupçonnée des ondes de base, transformant un simple oscillateur en un vaste terrain d’exploration sonore.
Porté par une approche brute où la technique se met au service de l’émotion, Voix Nulle réussit le pari de marier la lourdeur de ses racines underground à une poésie électronique sophistiquée. Cet opus s’affirme comme un voyage sensoriel incontournable pour les amateurs d’aventures sonores avant-gardistes, confirmant la mue artistique réussie de son créateur.

