Le rock alternatif s’est trouvé un nouveau thermomètre pour mesurer la fièvre du monde. Avec son tout nouveau single, « Berlin », la formation belge Wholes — emmenée par l’incontournable gantois Wolf Vanwymeersch — livre une chronique implacable de notre aliénation moderne. Ce n’est plus seulement de la musique, c’est un diagnostic de crise thérapeutique balancé à plein volume.
Textuellement, le titre s’installe directement sur la brèche de l’effondrement. « You’re Berlin on the border of falling down, In a Swiss bank that has sold your life », scande le groupe. Derrière cette imagerie de guerre froide et de coffres-forts helvétiques se cache une critique féroce des structures capitalistes. Wholes dissèque ce paradoxe contemporain : un système qui nous isole cruellement les uns des autres tout en injectant en nous le désir maladif de posséder toujours plus.
Pour traduire cette claustrophobie sociétale, la bande de Gand a trouvé la parfaite alchimie sonore. Imaginez les mélodies froides de la New Wave des années 80 télescopter l’anarchie Noise-Punk des Butthole Surfers et la tension brute, presque animale, du Post-Hardcore de The Jesus Lizard. Le morceau s’ouvre sur des guitares saturées et une section rythmique inflexible, avant de bifurquer vers un refrain pop étonnamment accrocheur. Ce contraste organique donne le vertige, rendant la chute paradoxalement séduisante.
Premier extrait hautement magnétique du futur album WHOLES/NOTWHOLES, « Berlin » prouve que la scène alternative a encore de belles urgences à hurler. Une baffe salutaire à écouter en boucle.

