Partie prenante d’un univers où le conte fantastique flirte avec une réalité crue, la productrice et autrice-compositrice britannique WØLFFE dévoile un nouveau chapitre marquant avec son single « Favourite Song ». Loin des sentiers battus de la pop conventionnelle, l’artiste façonne ici une œuvre sombre et viscérale, née des cendres d’une relation toxique.
Dès les premières mesures, le morceau impose une esthétique cinématographique redoutable. Les mélodies hypnotiques et les guitares saturées s’entrelacent pour porter une écriture à la fois incisive et poétique. Le cœur battant du titre réside dans une réappropriation poignante : celle de la célèbre chanson de Leonard Cohen, « Hallelujah », érigée ici en hymne de survie. Ce qui s’apparente d’abord à un constat d’échec — « You took my favourite song, changed the words, made it your own, now I can’t sing along » — mue progressivement en une explosion euphorique de liberté. L’emprise s’efface au profit d’une reconquête de soi.
Co-écrit et co-produit aux côtés de Dan McDougal (connu pour ses collaborations avec Liam Gallagher ou Baby Queen), ce single confirme la singularité d’une musicienne farouchement indépendante. En s’inspirant de figures tutélaires telles que Björk ou Joy Division, elle insuffle à sa musique une dimension narrative rare, oscillant entre ombre et lumière.
Avec « Favourite Song », WØLFFE ne signe pas seulement un morceau de dark-pop mémorable ; elle érige un sanctuaire sonore où la vulnérabilité se transforme en arme de résilience absolue. Une claque sensorielle à savourer d’urgence.

