Basé dans l’État de Victoria, en Australie, le producteur Cale Anderson livre avec Yemaya (We All Come from the Goddess) un album-hommage à la déesse ouest-africaine du même nom, figure tutélaire de l’océan et de la maternité dans les traditions yoruba puis afro-caribéennes. Mais ce disque dépasse largement le simple exercice mythologique : il s’agit avant tout, selon l’artiste lui-même, d’une tentative de traduire en musique une certaine intensité, celle d’une passion romantique qui rejoint l’amour porté à une puissance supérieure.
Le projet refuse de se laisser enfermer dans un genre. Électronica, spiritual/devotional, hip-hop, folktronica et art pop s’y côtoient sans jamais s’exclure, portés par des chœurs sans paroles, des basses profondes et une électronique atmosphérique qui enveloppe l’auditeur. Sur « The Pearl of The Woman God », les percussions jazzy dialoguent avec du spoken word ; sur « 444 », l’artiste nous offre une chanson plus accessible au plus grand nombre grâce à des mélodies plutôt familières, ainsi qu’une ligne de chant aérienne, l’effet est immédiat.
Le détail le plus fascinant reste technique : tous les instruments du disque sont accordés entre 443,90 et 445 Hz, autour de 444 Hz. Cet écart minime, presque imperceptible, confère à l’ensemble une texture brute, comme si le groupe jouait en live. L’album a été façonné quasi entièrement sur une Maschine Mk3, avec quelques guitares et un micro Rode NT-1, en s’appuyant surtout sur les plugins UVI (Synth Anthology, Quadra, Cameo, Volcum), complétés par Soothe 2 et les outils natifs d’Ableton pour le mastering. Pour ceux qui sont adeptes de la technique, vous pouvez trouver ci-dessous la configuration utilisée par l’artiste.
La pochette, signée Sara Gsilva, achève de donner à Yemaya l’allure d’un objet artisanal et habité — le fruit de cinq années d’improvisations et de bricolages sonores assumés. Nous allons donc vous demander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette pause musicale ci-dessous :

